Pérouges : entre archéologie, culture et gastronomie…

Ain, France

Juchée sur une éminence du plateau de la Dombes, au-dessus de la plaine de la Valbonne, Pérouges la médiévale abrite derrière ses remparts un dédale de rues et de ruelles pavées de galets, aux maisons pittoresques. Ancienne ville de marchands, de tisserands du chanvre et de cultivateurs, elle se développa très tôt grâce aux libéralités accordées par des chartes de franchise aux XIIIe et XIVe siècles. Plusieurs fois assiégée, tour à tour dauphinoise et savoyarde, elle connut son apogée sous le règne de la maison de Savoie et devint française en 1601.

La révolution industrielle eut raison de sa prospérité : dépeuplée, à l’écart des voies de communication, elle tombait en ruine au début du XXe siècle. Elle fut sauvée grâce au comité de défense et de conservation du Vieux-Pérouges, fondé en 1911 avec le concours de personnalités prestigieuses comme Édouard Herriot ou l’architecte urbaniste lyonnais Tony Garnier. Restaurée, la localité est désormais un haut lieu du tourisme. Elle passe pour l’un des plus beaux villages de France et a servi de décor à de nombreux films.

Les remparts

Une double enceinte protégeait la cité. La première était défendue par un bastion, aujourd’hui ruiné. La seconde, qui a gardé plusieurs tours, fut reconstruite avant le siège de 1468. Sur la porte d’En-Bas (l’une des deux entrées que compte la ville, l’autre étant la porte d’En-Haut), une inscription rappelle le courage que montrèrent alors les Pérugiens devant “ces coquins de Dauphinois”. Les fossés, comblés, ont laissé place à l’agréable promenade des Terreaux.

L’église Saint-Marie-Madeleine

Intégrée au système défensif, cette austère église du XVe siècle arbore de hauts murs, percés d’étroites fenêtres et d’archères à étrier et flanqués d’un chemin de ronde. L’intérieur en impose avec ses trois nefs séparées par des piliers octogonaux et ses voûtes ornées de clefs sculptées portées par des anges. Il abrite de belles statues en bois polychromes, dont une Vierge au manteau et un Saint-Georges terrassant le dragon. Surmontée d’une tour carrée, la porte d’En Haut (à droite de l’église), à travers laquelle on aperçoit l’élégante façade de la maison Vernay, conserve un ancien vantail de bois avec ses gros clous et ses ferrures.

Flâner dans les rues

Dans la rue des Rondes, qui enserre la ville, se dressent certaines des plus jolies bâtisses de Pérouges, comme le Grenier à sel ou les maisons des Dîmes, du Sergent de justice, Thibaut et Messimy, dont les architectures médiévales possèdent de nombreuses fenêtres à meneaux. On remarque aussi des maisons de tisserands pourvues d’un étage d’habitation et d’un escalier extérieur ; le rez-de-chaussée, lui, était réservé à l’atelier.

Dans la rue des Contreforts subsiste un ancien pressoir à écureuil actionné par une grande roue de bois. La rue du Prince et ses arcades, où toutes les corporations tenaient boutique, mènent par une chicane à la place du Tilleul (ancienne place de la Halle), cœur de la cité. La magnifique ostellerie, avec ses étages en pans de bois en encorbellement, la maison à galerie, les maisons Cazin, du Cadran solaire et du Petit Saint-Georges (ornée d’une statue équestre en bois représentant l’ancien patron de la paroisse), forment un ensemble remarquablement conservé autour du vénérable arbre de la Liberté planté en 1792. Ce havre de paix, à cent lieues du monde moderne, attire les amateurs de galette.

Le musée du Vieux-Pérouges

Trouvailles archéologiques, archives, tableaux, métiers à tisser, armes et meubles, témoins de la vie locale depuis la préhistoire, ont été rassemblés dans une maison de la rue du Prince par le comité de défense et de conservation du Vieux-Pérouges. Parmi les curiosités présentées figure la reconstitution d’une tombe mérovingienne découverte dans la métropole voisine de la Croix-Tombée, ainsi que le mobilier funéraire (épingles, bijoux, céramiques) trouvé sur ce site qui fut occupé dès l’époque proto-historique.

La maison du Prince

Cette ancienne résidence des comtes de Savoie, l’une des plus belles demeures du village, forme un ensemble avec le musée du Vieux-Pérouges. Ses vastes pièces, reconverties en salles de musée, s’ornent de cheminées monumentales, de meubles anciens et de tapisseries d’Aubusson. Dans la cour, un hortulus, petit jardin médiéval, a été reconstitué ; la tour offre un panorama superbe avec, au premier plan, l’étagement des toits de tuiles rouges.

Le blason de Pérouges

Ce blason « de gueules, à un dragon d’or » a été offert par Guichard 1er, sire d’Anthon en Dauphiné et seigneur de Pérouges. Il est le symbole de la reconnaissance du courage des habitants de la commune lors des Croisades.

Blason de Pérouges

Un résumé architectural

On rencontre à Pérouges tous les matériaux de construction utilisés dans l’Ain : pierre calcaire, briques, tuf, galets, carrons, pans de bois. Cette diversité n’a d’égale que celle des ouvertures : arcs en plein cintre, brisés, surbaissés, linteaux coiffés d’accolades, baies géminées et fenêtres à meneaux se succèdent le long des façades.

Infos pratiques

  • Situation : à 36 km au nord-est de Lyon
  • Cité médiévale classée dans les Plus beaux villages de France
  • Gare la plus proche : Meximieux
  • Population : 1 206 habitants en 2014

Galerie Photos

Cadran solaire à Pérouges

Cadran solaire à Pérouges dans l'Ain

Drapeau au sommet du château

Drapeau sur les ruines du château de Pérouges

Une rue pavée

Une rue pavée à Pérouges

La Porte d’En-Haut

La Porte d'En-Haut à Pérouges

Où se situe Pérouges ?

A propos

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