La basilique Saint-Pierre, plus grand édifice religieux du Catholicisme

Rome, Cité du Vatican

La seule certitude sur l’arrivée de saint Pierre à Rome est qu’elle se produisit après l’an 50. De même, la date de son martyre est inconnue. On sait seulement qu’il fut crucifié près du Vatican entre 64 et 67, lors des persécutions organisées par Néron après l’incendie qui ravagea la ville. En revanche, il est certain que ce lieu prit rapidement une importance considérable pour les fidèles de la toute nouvelle religion chrétienne.

Le contexte de la création de la basilique

Au début du IVe siècle, soucieux de soutenir la religion chrétienne à laquelle il s’est converti, l’empereur Constantin ordonne la construction d’une première basilique sur le lieu présumé de la tombe de l’apôtre. Consacrée le 18 novembre 326 par le pape Sylvestre Ier, elle est précédée d’un vaste atrium et décorée avec raffinement. Toutefois, quand les papes reviennent de leur exil d’Avignon et décident de rester au Vatican plutôt que dans l’ancien palais du Latran, ils trouvent la vieille basilique en triste état, presque sur le point de s’effondrer. En 1452, Nicolas V décide donc d’édifier un nouveau sanctuaire, mais sa mort en 1455 interrompt le projet.

Un demi-siècle plus tard, dès le début de son pontificat, Jules II (1503-1513) demande à Bramante de travailler sur le projet d’une basilique, dont la première pière sera posée en 1506. Néanmoins, il faudra plus d’un siècle avant que ce monument colossal ne soit achevé. Le 18 novembre 1626, la nouvelle basilique Saint-Pierre (Basilica di San Pietro) ouvre enfin ses portes, 1300 ans après le premier édifice érigé par Constantin.

La construction de la basilique Saint-Pierre a duré une si longue période que la préservation de son homogénéité d’ensemble a un caractère miraculeux. Le premier problème fut de décider si le plan serait en croix grecque (quatre branches égales inscrites dans un carré) ou en croix latine (une longue nef avec un transept plus court).

Bramante, dont le modèle était la basilique Sainte-Sophie de Constantinople, choisit la croix grecque, tout comme son successeur Baldassare Peruzzi. Michel-Ange, à qui fut confiée la poursuite des travaux en 1546, était du même avis, mais il eut à peine le temps de terminer le tambour de la coupole géante qui domine aujourd’hui l’horizon de la ville.. Entre-temps, Raphaël, puis Antonio Sangallo optèrent pour la croix latine, sans avoir toutefois le temps de réaliser leur projet. Finalement, le pape Paul V (1605-1621) choisit un plan en croix latine et demanda, en 1607, à Carlo Maderno de prolonger la nef existante.

À cette époque, l’Église catholique était en pleine Contre-Réforme, bien décidée à l’emporter sur la vague protestante. Paul V voulait donc une basilique plus grande que la précédente pour des raisons tant politiques que liturgiques. La nef devait être assez longue (187 m) pour accueillir de grandes cérémonies et organiser des processions spectaculaires en mesure de frapper les esprits. Les plans originaux furent donc modifiés, et c’est ainsi que la coupole de Michel-Ange fut masquée par la façade. Néanmoins, l’influence de Michel-Ange sur la structure de la basilique est indéniable, comme en témoigne notamment la majesté des piliers monumentaux de la croisée du transept.

Aucun doute n’est permis quant au concepteur de la piazza San Pietro. Le pape Alexandre VII Chigi (1655-1667) en confia la réalistion au Bernin, qui choisit un plan elliptique défini par deux portiques en arc de cercle, composés chacun de quatre rangées de colonnes.

Un édifice unique, et sacrément majestueux

Le résultat est spectaculaire : cet espace solennel dessine un accès théâtral à la basilique, qui apparaît alors comme un bijou au fond d’un écrin. La colonnade se compose de 284 colonnes doriques, de 88 pilastres et de 140 statues sur l’entablement. Au centre de la place, un obélisque égyptien est encadré de deux fontaines, l’une de Maderno, l’autre du Bernin. À mi-chemin entre l’obélisque et chaque fontaine se trouve un disque de pierre où l’on peut lire "centre de la colonnade". Placez-vous sur l’un d’eux pour admirer l’une des quadruples colonnades dont les colonnes s’aligent en un portique majestueux.

Un bel escalier à trois volées du Bernin, encadré des statues de saint Pierre et saint Paul, précède la façade de travertin de la basilique. Cette dernière reprend le motif des colonnes et des pilastres. La balustrade au-dessus de l’attique est ornée de statues du Christ, de saint Jean-Baptiste et des apôtres.

La teinte blanche et ocre de la façade est ravivée par les tons rouges et verts de la Loggia della Benedizione. Cette dernière est l’œuvre de Maderno. Elle n’a jamais vraiment fait l’unanimité malgré sa monumentalité (110 m de large et deux étages). Henri Matisse, par exemple, la comparait à une gare de chemin de fer. C’est de la loggia que le pape procède à la bénédiction urbi et orbi (à la ville et au monde entier) à Noël, à Pâques, et lors de l’élection d’un nouveau pape (Habemus Papam).

Le porche comporte cinq entrées. Son plafond en stuc est également de Maderno. De chaque côté du porche, deux statues équestres (de Constantin et de Charlemagne) représentent le pouvoir temporel de l’Église : celle du premier (à droite) est due au Bernin. Au centre du portique, la célèbre mosaïque de la Navicella (le Christ marchant sur l’eau), de Giotto, a été restaurée.

Elle ornait l’atrium de la basilique de Constantin. Les vantaux en bronze de la porte centrale proviennent également de l’ancienne basilique ; ils ont été réalisés, au XVe siècle, par le Florentin Filarete (Antonio di Petro Averlino). À droite, la Porta Santa (porte sainte) n’est ouverte que lors des années saintes.

Infos pratiques

  • Basilique visitée le 26 avril 2010
  • Ouvert tous les jours (prévoir 1 à 2 heures d’attente pour y entrer)
  • Transports : Rome, Metro A, Ottaviano
  • Durée de la visite : 45 minutes

Galerie Photos

La basilique Saint-Pierre et l’obélisque égyptien

Obélisque devant la basilique Saint-Pierre

La nef de la basilique

Nef de la basilique Saint-Pierre

Une des fontaines devant la basilique

Fontaine du Bernin devant la basilique St-Pierre

Statue de Sainte-Thérèse d’Avila

Statue de Sainte-Thérèse d'Avila

« Mais ce n’est pas tant sa taille qui impressionne, habitués que nous sommes aux grandes constructions monumentales, mais plutôt la profusion et la richesse de la décoration, où les plus grands noms de la Renaissance se sont succédé pour nous offrir ce que leur époque avait de meilleur. »

Entrons dans la basilique Saint-Pierre !

L’intérieur de la basilique, réalisé en grande partie par le Bernin, est baroque est écrasant. À l’entrée, un grand disque de porphyre indique l’endroit où Charlemagne fut couronné empereur, et où s’agenouillèrent ses successeurs lors de leur couronnement. Dirigez-vous ensuite jusqu’au transept. Les bandes de bronze sur le pavement de la nef indiquent les dimensions d’autres célèbres cathédrales, mais plus modestes. Comme le Bernin le désirait, le regard est immédiatement attiré par l’énorme baldaquin (baldacchino) au-dessus de l’autel, réalisé avec le bronze prélevé sur le portique du Panthéon.

Les bases de ses colonnes sont ornées de bas-reliefs de marbre, dont l’un évoque l’enfantement, avec une femme à l’expression étonnante et un enfant souriant. La confession, en contrebas, est de Maderno. Elle signale la tombe de saint Pierre, située en-dessous. Sa balustrade est entourée de 95 lampes allumées en permanence. Dirigez-vous à présent vers la glòria dans l’abside. Cette représentation des cieux en stuc doré, typiquement baroque, compose la partie supérieure de l’extraordinaire Cattedra Petri (chaire de saint Pierre), conçue par le Bernin pour contenir un siège épiscopal du IVe siècle. De chaque côté de la chaire, admirez les monuments funéraires des papes Paul III (à gauche) et Urbain VIII (à droite).

Naturellement, levez les yeux vers la coupole (cupola), le chef-d’œuvre architectural de Michel-Ange, achevé après sa mort par Giacomo della Porta. Elle est chaudement éclairée par seize fenêtres, prolongées d’autant de compartiments qui se rejoignent au sommet. Ce dernier est coiffé d’une lanterne où figure Dieu le père. Quatre énormes piliers soutiennent la coupole.

Remarquez les mosaïques dans les quatre médaillons aux pendentifs (les espaces triangluaires où les piliers rejoignent la calotte). Chacun représente l’un des quatre évangélistes. Leurs proportions sont gigantesques (8 m de diamètre ; le crayon de saint Marc, par exemple, mesure 1,5 m). L’inscription latine autur de la base de la coupole, extraite de l’Évangile de saint Matthieu, affirme l’importance du pontificat : "Tu es Pierre, et sur sur cette pierre je bâtirai mon Église… Je te donnerai les clefs du royaume des cieux."

Le pape Urbain VII demanda au Bernin de décorer les quatre piliers de la coupole de grandes niches (aedicolae) pour abriter des statues géantes (près de 5 m) des saints dont la basilique conservait les reliques : saint André, sainte Véronique, sainte Hélène et saint Longin (cette dernière étant de la main du Bernin, les trois autres de ses élèves). Les reliques – la Sainte Lance de saint Longin, le soldat romaine qui perça le flanc du Christ, des fragments de la Croix ramenés par sainte Hélène, le voile de la Sainte Face ayant appartenu à sainte Véronique et la tête de saint André – sont conservés dans de petites chapelles au-dessus des statues. Contre le pilier de sainte Longin se trouve la statue de bronze de saint Pierre d’Arnolfo de Cambio, du début du XIIIe siècle.

La très célèbre Pietà de Michel-Ange, à l’abri derrière un panneau transparent à l’épreuve des balles, attire les foules dans la première chapelle du bas-côté droit.

Dans la basilique, 147 papes sont enterrés, et certains tombeaux sont remarquables. Celui d’Alexandre VII, dans le passage vers le transept gauche, est l’une des dernières réalisations du Bernin (1678). Son traitement de la matière (marbre) et de la polychromie y est exceptionnel. Le pape en prière, imperturbable, fait face à la Mort qui tient à la main un sablier. Dans la nef gauche, le tombeau d’Innocent VIII est l’œuvre d’Antonio del Pollaiolo. C’est le seul monument provenant de l’ancienne basilique. Ses beaux bas-reliefs représentent les vertus cardinales. À deux exceptions près (une fresque sur le plafond au-dessus de la Piétà et une peinture de Pietro da Cortona dans la Cappella del Santo Sacramento), toutes les décorations sont ici des copies en mosaïque d’originaux célèbres qui se trouvent dans d’autres églises ou dans les musées du Vatican.

Trois monuments seulement sont dédiés à des femmes, la reine Christine de Suède, qui abdiqua pour se convertir au catholicisme ; la comtesse Mathilde de Toscane, qui fut une alliée du pape au XIe siècle lors de la querelle des Investitures ; et Maria Clementina Sobieski, mère du dernier prétendant Stuart au trône d’Angleterre.

Le musée du Trésor, derrière le transept gauche (prévoir un petit droit d’entrée), expose de magnifiques vêtements sacerdotaux, de nombreuses pièces d’orfèvrerie et le tmbeau de Sixte IV, lui aussi de Pollaiolo (1493).

Un escalier près du premier pilier de droite conduit aux grottes où sont conservés les tombeaux des papes. La tombe de saint Pierre se trouve dans la nécropole païenne (visites guidées uniquement).

La coupole se visite, offrant une vue vertigineuse sur l’intérieur de la basilique (entrée payante à l’extérieur, à droite du portique, ascenseur). Ensuite, un escalier très raide vous permettra de rejoindre la terrasse au sommet de la coupole, d’où le panorama sur la ville est superbe. Assurez-vous d’avoir la condition physique nécessaire et de n’être pas claustrophobe. Cet escalier se trouve à l’intérieur des parois de la coupole, il est à sens unique, souvent bas de plafond, et vous ne pourrez pas changer d’avis une fois engagé.

Plan de la place Saint-Pierre

Vue générale 360°

Galerie Photos

Le vitrail du Saint-Esprit

Vitrail du Saint-Esprit de Gian Lorenzo Bernini

La coupole vue de l’intérieur

La coupole de la basilique Saint-Pierre

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